La résistance est-elle futile ou la domination du collectif Borg- un peu d’éducation socio-émotionnelle nous ferait tous du bien.

« IQ doesn’t matter, because a hundred stupid people who are talking to each other will accomplish more than a hundred intelligent people who aren’t. » (Matt Ridley dans: https://singularityhub.com/2017/10/16/collective-intelligence-is-at-the-root-of-human-progress/?utm_content=buffer5a981&utm_medium=social&utm_source=facebook-hub&utm_campaign=buffer ) . Pour ceux qui ne savent pas qui est Matt Ridley: https://fr.wikipedia.org/wiki/Matthew_Ridley ; son site: http://www.rationaloptimist.com/. En bref, finalement le QI n’ a plus vraiment d’importance puisque 100 personnes qui ne sont pas des lumières mais qui se parlent entre eux accompliront beaucoup plus que 100 personnes intelligentes qui ne se parlent pas. 

J’aime bien commencer ces articles par des citations chocs. Celle-ci m’a fait gentiment sourire à sa première lecture: si nos enfants sont sociables et collaborent avec leurs pairs, ils s’en sortiront même s’ils n’ont pas un QI de folie. Mais nous en tant que parents nous voulons AUSSI qu’ils aient un QI largement supérieur à la moyenne- dilemme! Heureusement que notre ami Howard Gardner a mis en place la théorie des intelligences multiples et que le QI n’est plus le seul signe de l’intelligence. Sauvés!

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Dans cet article, Matt Ridley y vante les vertus de la pensée collective comme cause de l’innovation. Une société qui collabore est une société qui innove- c’est un peu la grande mode depuis un petit moment déjà et nous le savons bien; nous ne l’appliquons pas très bien c’est tout. D’ailleurs, un geek de Star Trek et de science fiction m’a gentiment fait comprendre à la lecture de l’article que le concept de pensée collective existait déjà depuis les années 80 avec le Collectif Borg et Star Trek (mince alors, nous vivons déjà dans la science fiction des années 80 et j’étais déjà née en plus) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Borg_%28Star_Trek%29) et que je n’allais faire aucune révélation spéciale dans mon article- zut zut et zut, je ne vais pas tarder à aller me coucher du coup. J’espère en  revanche que ce n’est pas vers le genre de pensée collective des Borgs que nous tendons…

En transposant ce concept au monde de l’éducation (une micro société en soi), il est facile de s’imaginer que ceci implique un dialogue sain entre tous les acteurs qui composent notre belle communauté éducative.  Nous le savons aussi, mais encore une fois, sa mise en oeuvre n’est pas simple. Et bingo, je suis tombée sur cet article ce soir qui ne fait que conforter ces propos- j’ai d’ailleurs ressenti un profond malaise en le lisant. http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20130506.RUE6071/chers-parents-d-eleves-vous-nous-emmerdez.html#
Et forcément, comme il contient un certaine violence, je ne serais pas surprise qu’il déchaîne les passions sur les réseaux sociaux- pour les mauvaises raisons malheureusement.

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Je comprends le point de vue de l’auteure, sa perspective et sa frustration. Mais sa manière de transmettre son message ne pousse pas au dialogue et nous ne pouvons qu’imaginer le cercle vicieux dans lequel nous nous embarquons et les blocages potentiels- situation tellement banale finalement. Mais le questionnement, l’échange, le feedback sont des processus importants dans le monde de l’éducation (et pas que) pour avancer. Peut-être devrions nous imaginer comment réinventer cette communication entre les enseignants, entre les enseignants et les parents, entre les enseignants et les élèves, entre les parents et leurs enfants et entre les parents également.

En temps normal, j’aime beaucoup les bêtisiers mais cette partie de l’article m’a plutôt attristé en ce qu’elle révélait un parent décontenancé dont l’enfant a pleuré toute la nuit parce qu’on lui a retiré les félicitations- ceci ne révèle-t-il pas plutôt un manque au sein d’un système où l’enfant a une soif de reconnaissance qu’il ne trouve que dans des félicitations symboliques? N’est-ce pas ce même besoin de reconnaissance dont les enseignants souffrent eux-mêmes (seulement 5% des enseignants Français se sentent reconnus dans leur métier selon l’enquête sur l’enseignement et l’apprentissage Teaching And Learning International Survey (TALIS) de l’OCDE en 2013 -bientôt des nouveaux résultats en 2018, vraiment hâte)? Pourquoi l’enseignant juge -t-il le parent; pourquoi le parent accuse-t-il l’enseignant et pourquoi l’enfant souffre-t-il? Jusqu’à récemment je ne savais même pas que la « phobie scolaire » était une condition reconnue et en plein essor.

Le malaise est profond et il est évident que beaucoup d’enseignants souffrent de burn-out, tout comme beaucoup de parents en souffrent dans leur vie professionnelle et réalisent qu’ils n’ont pas été nécessairement armés socio-émotionnellement pour faire face à des situations difficiles au travail. Ils veulent de la bienveillance pour leurs enfants eux-mêmes soumis à une forte pression de réussite. Ce n’est pas un hasard si l’enquête PISA de l’OCDE de 2015 (qui ne mesure pas seulement le niveau des acquis académiques des élèves de 15 ans mais également certaines compétences socio-émotionnelles) révèle que les élèves Français sont parmi les plus anxieux de tous les pays qui ont participé à l’enquête. Même cet article récemment paru n’est pas très flatteur: https://start.lesechos.fr/actu-entreprises/societe/le-systeme-educatif-est-a-l-origine-du-pessimisme-des-francais-9859.php

Le but est de trouver une solution à ce problème et de trouver les outils pour favoriser ce dialogue entre les différents acteurs. Parmi ces outils, les nouvelles technologies devraient pouvoir contribuer à favoriser le dialogue (je vais briser toutes vos idées reçues sur les nouvelles technologies en éducation à force d’écrire des articles)- elles ne se résument pas qu’aux sms et aux emails. Certaines plateformes permettent déjà de favoriser l’échange d’information entre parents et enseignants (je pense notamment à la plateforme Klassroom que j’utilise moi-même). Un prochain article suivra bientôt faisant un petit état des lieux sur cette question pour vous parler de quelques ed-tech intéressantes et plus généralement du potentiel du numérique en éducation.

Mais en attendant, un peu d’introspection socio-émotionnelle nous ferait tous du bien afin de nous permettre et permettre aux futures générations de positiver un peu plus. Rétablissons la confiance dans les établissements scolaires et renouons le dialogue entre les acteurs! Voici une belle histoire (pour les anglophones) d’un enseignant aux USA qui au bout de 15 ans de carrière, en devenant papa, s’est rendu compte combien il était important que ses élèves aiment l’école. Il s’est notamment rendu compte qu’ils étaient enfants avant d’être élèves: http://mobile.edweek.org/c.jsp?cid=25919971&bcid=25919971&rssid=25919961&item=http%3A%2F%2Fapi.edweek.org%2Fv1%2Ftm%2Findex.html%3Fuuid%3DE1DFF9B0-B347-11E7-8512-12D1B3743667&cmp=SOC-EDIT-FB . A méditer…

Alors la résistance est-elle futile? Nope, Le Collectif Borg ne nous envahira pas- il ne s’agit pas d’une assimilation complète mais plutôt d’un partage de perspectives et une plus grande compréhension des différents points de vue, de l’empathie, de la tolérance tout en gardant un esprit critique et de la lucidité: une pensée collective dans sa prise en compte de toutes les perspectives oui sans aucun doute, mais surtout constructive.

long story made short

Nous ne voulons ni ceci,

scary borg

Ni ceci

are we there yet

Mais pourquoi pas ça..

Gaila_(Orion) femme verte

Le vert c’est bien, c’est la couleur de l’espoir et le sourire c’est contagieux…;-)

Marie-Amélie humble mum and still learning