AVS, ou comment avoir un assistant personnel!

Aller, un petit article court comme on les aime- sans sources ni artifices, parce qu’il découle du vécu. Cécile et moi avons longuement débattu de la problématique de l’Auxilaire de Vie Scolaire (AVS) et Cécile a fini par l’emporter avec son expérience de terrain face à mon côté politiquement correct. Et puis il faut se l’avouer, c’est un sujet qui fait le buzz…

Nous avons donc finalement décidé toutes les deux de balancer l’article sur les AVS, d’où ce titre choc !

Visiblement il n’y aurait pas assez d’Assistants de Vie Scolaire pour nos enfants ! L’État s’engage à en recruter plus l’année prochaine (encore un point qui démontre que le budget de l’éducation nationale n’est pas très très bien alloué!).

Les questions qui font mal

Quelle est donc la pertinence de ce dispositif ? Est-ce encore un effet d’annonce ou l’avenir de nos enfants dépend-il vraiment de ses assistants ? Qui sont ces AVS, d’où viennent-ils ? Sont-ils suffisamment formés ?

Réponses dans l’ordre : nada (en espagnol)- ça va ou bien ? (en Suisse)- no man’s land (en anglais)- hum (langage universel).

La réalité de terrain

On propose à des enfants ayant des difficultés pour écrire un adulte qui va écrire à leur place et qui ne sait en plus probablement pas écrire. Un secrétaire personnel en somme (« j’an ai raivé, l’éducation nationnalle l’a fé ») ! Est-ce vraiment la meilleure façon de faire accéder un enfant à l’autonomie ? Comment améliorer ses compétences si quelqu’un le fait à sa place ? L’école n’est-elle pas le lieu d’apprentissage et de dépassement de ses difficultés (et de soi) ? L’AVS est-il une aide pour l’enfant ou pour le professeur ? Qui prend sur son temps pour les former? Qui  finit par assister cet AVS?

Mais quelle aide?

Bien-sûr une aide est toujours précieuse. C’est toujours utile d’apporter un soutien à des enfants qui ont des difficultés d’apprentissages. Mais le problème n’est-il pas pris à l’envers ? Ces enfants ont besoin d’aide pour faire la même chose que les autres élèves dans la classe. Ils ont besoin d’aide et de soutien pour acquérir des compétences que les autres enfants acquièrent plus vite. Ces enfants ont donc encore plus besoin que les autres d’un professeur pour apprendre. Et que leur propose-t-on ? Un assistant. Mieux vaut demander à Siri ou Alexa (ah non désolée, elle n’arrive en France qu’en avril 😉), au moins ils développeront leurs compétences numériques en parallèle.asssitance robot

Notre conclusion

L’école perd ses moyens et pourtant elle a les moyens (pouvez-vous nous rappeler le budget de l’éducation nationale encore une fois ?). Si les professeurs remplissent les dossiers et les assistants aident les enfants dans leur apprentissage, comment faire avancer les choses dans le bon sens ? Il faut bien rétablir le rôle pédagogique de l’enseignant et lui donner les outils nécessaires avant de déployer un tel dispositif.

Rajouter un professeur formé aux besoins spéciaux pour intervenir à des moments clefs seraient probablement plus ingénieux. Et pourquoi ne pas songer à avoir un équipement et des outils adaptés (comme les nouvelles technologies par exemple)…

Dans un apprentissage personnalisé,  il faut maintenir une certaine exigence et tendre vers l’excellence: le processus d’autonomisation n’ est-il pas une étape indispensable à l’atteinte de cette excellence- un enfant qui développerait une exigence envers lui-même par lui-même avec l’intervention sporadique d’un adulte très qualifié et à l’écoute, n’est pas là la solution?

Vous ne préférez pas ça…

avs

 

à ça toute l’année ;-)…très assistés

 

Cécile et MA